Publié le 24 Avril 2010

Le lancement d’une offre dédiée aux femmes par la Banque du Luxembourg, quelques mois après une offre similaire proposée par la succursale parisienne de la banque suisse Pictet, soulève la question de la pertinence d’une offre spécifique dédiée aux femmes : mode passagère ou besoin émergent ?

Au début du mois de mars 2010, à l’occasion de la journée des femmes, la Banque du Luxembourg a lancé son offre « Femmes et Patrimoine », créée pour répondre aux besoins de ses clientes. Les évolutions sociales des dernières décennies, l’entrée massive des femmes sur le marché du travail, leur progression jusqu’à des postes à responsabilité, mais aussi la recomposition de la famille (divorces, remariages, concubinages), ont profondément modifié le rapport des femmes à l’argent et à leur patrimoine. Mais le plus souvent, leurs problématiques sont ignorées par les banquiers. Ainsi, la question de la retraite se pose différemment selon que l’on est un homme ou une femme. La discontinuité des carrières, et l’espérance de vie plus longue des femmes sont deux facteurs cruciaux à prendre en compte. Devant cette situation, et après une enquête menée auprès de ses clientes ayant des problématiques patrimoniales, la Banque du Luxembourg a donc décidé de lancer une offre, s’appuyant notamment sur la formation de conseillers dédiés, qui doivent épauler les clientes aussi bien sur des questions de retraite, d’épargne, que d’investissement ou de défiscalisation. Mais au-delà de la formation, assez classiques, de conseillers, la Banque du Luxembourg propose à ses clientes une série de conférences portant sur des aspects patrimoniaux et financiers, liés à leurs intérêts. Ainsi, la première conférence, qui s’est tenue le 8 mars, portait sur l’éthique et la finance, et a notamment vu l’intervention de Viviane Seghers, spécialiste du mécénat et de la responsabilité sociale des entreprises, consultante auprès d’ONG et de grandes entreprises, qui a présenté à l’auditoire les différentes formes d’investissement permettant de concilier performance économique et responsabilité sociétale.

L'émergence d'une nouvelle clientèle

Cette offre, qui allie conseil personnalisé et sensibilisation d’une clientèle féminine aisée, qui est lancée peu de temps après l’initiative de Pictet, témoigne d’une prise de conscience des milieux bancaires, mais aussi de l’émergence d’une catégorie de femmes, entrepreneures ou cadres dirigeantes, dont les problématiques semblent spécifiques. Une tendance qui pourrait se confirmer dans les pays industrialisés : en 2010, près de la moitié de la richesse aux Etats-Unis est détenue par des femmes, tandis qu’au Royaume-Uni, cette proportion devrait s’élever à 60% d’ici à 2025[1]. Et qui devrait largement perdurer, puisque les femmes sont aujourd’hui plus diplômées que les hommes (plus de 50% des détenteurs de diplômes de l’enseignement supérieur type « Master » en Europe sont des femmes). Un défi commercial que les banques vont devoir relever, alors même que le secteur traverse une crise profonde, mais qui pourrait constituer une nouvelle orientation gagnante.



[1] Targeting women in Private Banking, Datamonitor, 2007

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Banque du Luxembourg

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