Publié le 29 Avril 2014

Olivier Robert - Président Fondateur de Neo Select

Après un parcours au sein de différentes directions opérationnelles dans de grandes entreprises de restauration et services (Compagnie International des Wagons-Lits – Directeur filiale Restauration sur les TGV, Sodexho Loisirs Bateaux Parisiens – Direction marketing et développement, Sodexho Restauration et Services – Directeur Région Activité Hospitalière, Sodexho Espagne Madrid – Directeur Marketing / Qualité), Olivier Robert, membre du Comité Directeur MEDEF Basse-Normandie, Président du Conseil d’Administration de l’URSSAF Basse-Normandie et Conseiller Prud’homal au Tribunal de Lisieux, fonde le groupe Neo Select, composé de 3 entreprises dédiées aux services à la personne, à la restauration collective et au nettoyage industriel, rassemblant 140 collaborateurs répartis sur les 3 activités en Basse-Normandie.

Bénéficiaire du dispositif BNPP en faveur de l’égalité professionnelle au sein des PME, Olivier Robert livre son témoignage de dirigeant

« Je suis à la tête d’un groupe d’entreprises s’attachant à deux activités principales, le nettoyage industriel et les services à la personne, avec une nette ségrégation des métiers entre les hommes et les femmes, sur la base de stéréotypes dont il n’est pas toujours facile de se débarrasser.

Ainsi, dans les entreprises de nettoyage, les hommes lavent les carreaux, les femmes passent l’aspirateur. Est-ce pour autant ainsi que les choses doivent se passer? Le métier est présenté par les hommes comme plus pénible, bien que je ne crois pas que cela soit le cas. L’entreprise est liée au monde sociétal et à l’environnement social dans lesquels elle opère : je cherche donc des laveurs de carreaux et non des femmes de ménage, or, des laveurs de carreaux, je n’en trouve pas. Mon réflexe premier m’engageait à rechercher des hommes, alors que des femmes pourraient aimer ce métier, de par notamment l’autonomie qu’il confère - ces tâches ne comportant pas de pénibilité particulière si ce n’est le travail en extérieur.

Du côté des services à la personne, dans un univers de qualifications faibles, nous rencontrons beaucoup de femmes dans des situations personnelles compliquées, à la tête de familles monoparentales. Ces métiers relèvent par définition des activités à temps partiel, voyant se succéder les interventions auprès de personnes requérant un accompagnement. Nous essayons de faire en sorte que ces temps partiels soient le plus denses possible, et arrivons à monter à 120, 130 heures, mais cela n’est toujours pas du temps plein.

J’ai été interpellé de ce point de vue-là : notre capital, ce sont nos salariés, à 99 % féminins dans ce cas, et toute la difficulté de ce métier réside dans le fait de leur construire un vrai parcours, tout en étant à temps partiel et sous contraintes familiales fortes. Nous avons en effet besoin de fidéliser nos salariés, de créer un couple salarié/bénéficiaire pérenne : nos anciens, nos handicapés que sont les bénéficiaires, sont très attachés à leurs intervenantes. Il faut donc que nous arrivions à construire un avenir, une projection à nos collaborateurs, au-delà même des contraintes légales qui nous obligeraient à intégrer des impératifs liés à l’égalité professionnelle. »

« J’ai été éduqué dans un monde où les femmes disposaient du pouvoir et de l’autorité, j’ai donc été habitué à ce que les femmes aient une autonomie de responsabilité, de prise de décision. Pour autant, bien que cela me soit naturel et intuitif, cela n’est pas construit, et en tant que chef d’entreprise, il n’est pas toujours simple de déterminer comment s’y prendre sur le champ de l’égalité professionnelle, de la non-discrimination.

J’ai notamment découvert lors du petit-déjeuner organisé par BNP Paribas sur ces thèmes, que les inégalités et discriminations se logent dans des recoins ignorés de l’entreprise et que les outils de management peuvent construire des biais de discrimination significatifs. Au-delà de la surprise ressentie lors de la réception de l’invitation et de l’interrogation portant sur quel serait le moment du passage du discours philosophique au discours commercial, j’ai le sentiment d’avoir beaucoup appris dans un cadre de partage de valeur entre partenaires. »


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