Publié le 30 Avril 2014

Hélène Boulet-Supau – DG de Sarenza

Hélène démarre sa carrière en audit financier chez Arthur Andersen avant de rejoindre en 1991 le Groupe Pierre & Vacances, dont elle deviendra directrice financière. A 34 ans, elle s’oriente vers le développement d’entreprises, en assumant la direction de la société de prêt-à-porter Larroque aux côtés de la fondatrice.

Elle reprend la direction de Sarenza aux côtés de Stéphane Treppoz en mars 2007. Le tandem redresse la société, qui devient rentable dès la fin 2008 et se développe depuis à très grande vitesse à travers l’Europe, devenant n°1 de la chaussure sur Internet en France, avec un CA passant de 5 à 150 millions d’euros. De nombreuses récompenses émaillent ce parcours : prix spécial du jury de l’ACSEL du numérique 2010 récompensant les plus belles réussites du web, top 100 2011 des start-ups européennes les plus prometteuses selon Red Herring, Meilleur Site de Mode en remportant le Prix des Internautes lors de la 5ème édition de la Nuit des Favor’i organisée par la FEVAD en 2011, en 2012 prix Favor’i de la Communication pour sa vidéo homemade « Bref, j’ai trouvé chaussure à mon pied » et le Favor’i d’Argent dans la catégorie Meilleur Site de Mode, 2013, élu n°1 de la Relation Client online par Qualiweb dans la catégorie Mode et Accessoires, etc.

Hélène Boulet-Supau – DG de Sarenza
Hélène Boulet-Supau – DG de Sarenza

Vendre des chaussures en ligne,...

Sarenza s’attache à convaincre les femmes, acheteuses à 80 %, d’acquérir leurs chaussures sur Internet, grâce à trois éléments clés :

Le choix : 700 marques et 50 000 modèles. Il faut savoir qu’il se vend 1 million d’articles chaussants par jour, 6 / an pour les femmes, 8 pour les enfants, 4 pour les hommes.

Le service : expédition dans la journée, transport gratuit à l’aller et au retour, 100 jours pour se décider, remboursement intégral. Nous sommes en mesure d’assurer ce niveau de service notamment du fait de notre stock,  plus d’un million de paires de chaussures à Beauvais, livrées sur toute l’Europe.

Nos valeurs : principalement la transparence du service et la fidélisation du client.

Nous avons repris la société en 2007, avec 28 personnes, 5 millions de CA, 5 millions de pertes et une procédure d’alerte dans la semaine qui a suivi notre arrivée. Aujourd’hui, Sarenza rassemble 200 collaborateurs et génère 150 millions de chiffre d’affaires. Nous avons certes beaucoup travaillé, mais nous avons surtout eu la chance d’être là au bon moment, celui de l’e-commerce, qui a révolutionné la structure du marché. Nous demeurons néanmoins des Petits Poucets, face à deux concurrents, Amazon et l’allemand Zalando, dont les moyens sont plus de 100 fois supérieurs aux nôtres.

… En s’attachant au bien-être de ses salariés

Sarenza comporte 65 % de femmes dans ses effectifs, ce qui est assez courant, mais aussi 65 % de femmes parmi les managers et 7 femmes sur 11 au comité de direction, ce qui l’est beaucoup moins. On ne peut dire cela de toutes les entreprises et en particulier des PME. Comment en est-on arrivé là ?

Il n’y avait pas d’intention de départ ; nous nous sommes aperçus que nous avions beaucoup de femmes dans l’entreprise et nous nous sommes demandé pourquoi, d’autant qu’il nous semblait devoir rééquilibrer un tant soit peu et recruter des hommes. Pourtant, nous avions beau faire lors des entretiens de recrutement, nous continuions à recruter des femmes. Il n’y avait en fait aucun filtre de discrimination à l’encontre des femmes à l’embauche, leur talent faisait que nous les recrutions, et c’est à peu près tout ce que nous faisions !

Nous avons également mis en place les engagements « Great Place to Work », entreprise où il fait bon vivre, depuis trois ans. Il s’agit d’un label, reposant notamment sur une enquête climat, comportant 59 items. Il faut disposer de plus de 70 % de répondants et d’un taux de satisfaction supérieure à 65 % pour l’obtenir. Ce questionnaire comprend un certain nombre d’éléments sur la discrimination, et c’est là où nous scorons le mieux, à plus de 96 %, sur les sujets hommes/femmes bien sûr, mais également sur les discriminations raciales ou envers les orientations sexuelles.

Nous travaillons à ces engagements car nous considérons que l’entreprise a un certain nombre de responsabilités, mais également parce que nous sommes convaincus que des salariés heureux trouvent des solutions, là où des salariés malheureux ne rencontrent que des problèmes.

… Et en demeurant attentifs aux équilibres vie privée – vie professionnelle

Une des difficultés auxquelles nous faisons face, compte tenu de la féminisation du corps salarié, relève de la gestion des congés maternité. Je vais à cet égard établir une comparaison qui en surprendra plus d’un. Nous sommes dans un métier ou les retours sont nombreux, les chaussures n’allant pas toujours. Il y a deux façons de les traiter : vous pouvez essayer de de les limiter et vous cachez ainsi le problème sous le tapis ou décider de construire des solutions efficaces. Il en va de même pour les congés maternité, il faut trouver des solutions, en parler, les organiser et ne pas en faire un sujet tabou.

Qu’avons-nous mis en place dans le cadre du plan égalité femmes/hommes? Nous nous obligeons à présenter en entretien de recrutement les valeurs de l’entreprise, nous n’hésitons pas à questionner le candidat sur sa capacité être managé par une femme, ce qui, chez Sarenza, a toutes les chances de se produire ! Nous avons également analysé les salaires, et avons redressé les quelques inégalités que nous avions trouvé (deux hommes, deux femmes). Nous avons une très forte attention aux équilibres des temps de vie : avec une moyenne d’âge à 29 ans, nous avons beaucoup de jeunes parents qui doivent pouvoir aller chercher leurs enfants. Nous réfléchissons à faciliter le partage de tâches familiales et avons notamment mis en place une période d’adaptation à l’arrivée d’un enfant, permettant aux jeunes parents de travailler à mi-temps de chez eux pendant 15 jours; ce sont majoritairement les hommes qui ont demandé à en bénéficier chez Sarenza. Nous animons également un workshop annuel sur l’équilibre vie privée–vie professionnelle et avons signé il y a quelques semaines les 15 engagements en faveur de l’équilibre des temps de vie. Nous pensons en effet que ces questions sont fondamentales pour faire progresser l’égalité professionnelle et qu’il faut ramener les hommes sur ces sujets. Je vous invite d’ailleurs à les consulter, car il s’agit de bon sens, de bonnes pratiques managériales, qui concernent toutes les entreprises et qui sont utiles pour promouvoir l’égalité.

Sarenza a été élue Great Place to Work pour la troisième année consécutive en 2014 : l’entreprise se place 23ème (vs 29ème l’année dernière), et s’attache à demeurer une entreprise women-friendly, l’une des réussites de Sarenza particulièrement portée par Hélène Boulet-Supau. Elle a d’ailleurs été distinguée en 2012 en recevant le Trophée de la Diversité et en 2013 le Prix Veuve Clicquot de la Femme d’affaires. Parmi les initiatives récentes :

- Opération Marie Claire « Tous en talons » : le 8 mars 2013, Sarenza s’est engagé auprès de Marie Claire en tant que partenaire pour soutenir la cause des femmes,

- En mars 2014, Sarenza a signé la charte « 15 engagements pour l’équilibre des temps de vie »

- Toujours en mars 2014, Sarenza a mis en place avec IPSOS une enquête sur le partage des tâches domestiques pour promouvoir l’égalité femmes-hommes.

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