Women Equity 50 2017
Publié le 23 Septembre 2013

François Villeroy de Galhau, Directeur Général Délégué de BNP Paribas

Après un parcours de Haut Fonctionnaire (Inspecteur des Finances, directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn et Christian Sautter,Directeur Général des Impôts), François Villeroy de Galhau prend en 2003 la direction de différentes entités du groupe BNP Paribas,avant que d’en être nommé en 2011 Directeur Général Délégué en charge des marchés domestiques et de la RSE.

François Villeroy de Galhau, Directeur Général Délégué de BNP Paribas
François Villeroy de Galhau, Directeur Général Délégué de BNP Paribas

Plusieurs signes de reprise…

Un rebond de 0,5% t/t de la croissance au deuxième trimestre 2013

Après deux trimestres consécutifs de recul au tournant 2012-2013 (-0,2% t/t chacun), ce rebond marque donc la fin de la récession, qui aura été brève et de faible ampleur. Il s’agit de la première hausse significative du PIB depuis le 1er trimestre 2011, après huit trimestres de stagnation. Grâce à ce rebond, l’acquis de croissance pour 2013 atteint +0,1% : c’est peu, mais positif, et improbable il y a encore deux mois.

Il était attendu compte tenu de l’amélioration du climat des affaires depuis avril-mai et à la faveur d’un bon chiffre de production en avril et des ventes au détail en mars et en mai.

Son ampleur est pourtant inattendue, suscitant de l’incrédulité. De fait, les détails du chiffre révèlent des facteurs de soutien ponctuels qui font que ce bon chiffre n’est pas reproductible. Un contrecoup est donc attendu au 3ème trimestre et c’est dans cette optique qu’il faut comprendre la rechute en juin de la production et des ventes au détail.

Cette croissance est temporairement dopée par : la hausse importante des dépenses d’énergie des ménages du fait du temps froid et pluvieux ; la contribution élevée des variations de stocks (+0,2 point) ; la hausse de +0,5% de la consommation publique non soutenable par rapport aux objectifs d’économies sur les dépenses du gouvernement.

Ce rebond s’appuie aussi sur des tendances encourageantes. Il n’est pas si fragile/factice que cela.

Les points forts : du côté des entreprises, la reprise des exportations et la stabilisation de l’investissement et, du côté des ménages, le rebond des achats automobiles et d’équipements du logement.

Une volatilité au mois le mois des données concernant les achats de biens durables mais leur rebond est, en général, bon signe. Le marché automobile en particulier donne des signes de stabilisation, tant du côté de la production que de la demande.

L’investissement des entreprises n’a reculé que de 0,1% sur le trimestre : après cinq trimestres consécutifs de baisse (-0,9% chacune en moyenne), le mieux est significatif et en ligne avec le début de redressement de la consommation et des exportations.

Le rebond des exportations (+2% t/t) bénéficie d’un effet rattrapage après deux trimestres de recul marqué et de l’effet dopant temporaire des ventes d’avions, mais c’est aussi le fruit d’une amélioration de la situation de nos partenaires commerciaux européens, Allemagne en tête (+0,7% de croissance) mais pas uniquement, puisque la zone euro affiche une croissance de +0,3% t/t, 1er chiffre positif depuis six trimestres. Or, 50% des exportations françaises de marchandises lui sont destinées. Les effets bénéfiques de la sortie de récession de la zone euro devraient l’emporter sur le ralentissement de la croissance dans les pays émergents.

On constate une poursuite du redressement des enquêtes sur le climat des affaires en juillet et août, étayant le redémarrage de l’activité. En août, l’amélioration de l’enquête INSEE s’est, notamment amplifiée et généralisée à tous les secteurs d’activité (industrie, services, commerce de détail). Rajoutons la nette remontée de la confiance des consommateurs en juillet et août, après être descendue à un point bas historique.

Cette amélioration du climat des affaires s’appuie sur les bonnes nouvelles conjoncturelles venant de la zone euro, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, du Japon. La faiblesse de l’inflation et les conditions monétaires et financières favorables y contribuent également, en filigrane. Les niveaux de confiance restent certes déprimés, en-deçà des moyennes de long terme. Il faut aussi voir dans ce redressement des enquêtes une part de rattrapage, de correction d’un excès de pessimisme par rapport aux données d’activité moins mauvaises que ce que les enquêtes suggéraient. Mais l’amélioration n’en est pas moins là et semble avoir des bases plus solides que les précédentes tentatives.

…mais une reprise encore voilée par de nombreux nuages à l’horizon

De nombreuses incertitudes et inquiétudes menacent l’embellie : sortie du QE3 et répercussion sur les marchés, pays émergents en pleine tourmente financière, risques géopolitiques, soubresauts possibles sur le front de la crise souveraine européenne pour les facteurs externes.

En interne, tout n’est pas à l’embellie. Le marché du travail reste détérioré.

Une poursuite des destructions nettes d’emploi (28 000 au 2ème trimestre d’après l’estimation préliminaire de l’INSEE, après seulement 8 000 au 1er trimestre). Des destructions dans l’industrie, la construction et les services hors intérim d’ampleur similaire d’un trimestre à l’autre ; la dégradation vient de l’intérim, qui repasse dans le rouge.

L’emploi réagit à la croissance avec un temps de retard d’autant plus long que les gains de productivité doivent être redressés, ce qui semble s’imposer aujourd’hui compte tenu de leur faiblesse et du bas niveau du taux de marge des entreprises.

La faible croissance et le lent redémarrage de l’emploi signifient une poursuite de la hausse du taux de chômage en 2014 (jusque 11,4% d’après nos prévisions contre 10,9% aujourd’hui). Seule évolution favorable à ce jour, et encore, tout est relatif : le ralentissement de la hausse du nombre des demandeurs d’emploi, à la faveur de l’augmentation des contrats aidés en général et des emplois d’avenir en particulier.

Un marché immobilier préoccupant à cause du décalage entre la chute de l’activité et la résistance à la baisse des prix.

La consolidation budgétaire en cours pèse sur la confiance, les revenus et l’activité.

La réduction du déficit (de 7,6% du PIB en 2009 à environ 4% du PIB en 2013) est jusqu’à présent passée essentiellement par des hausses d’impôts. A partir de 2014, l’effort devrait principalement porter sur les dépenses publiques (économies estimées à €14 milliards en 2014 d’après le Programme de stabilité) mais lesquelles et pour quels montants ?

Le gouvernement a jusqu’en 2015 pour ramener le déficit à 3%. Cela autorise une atténuation de l’effort structurel à partir de 2014, et donc un effet négatif moindre sur la croissance, mais cela n’en suppose pas moins des efforts jusque-là et au-delà pour revenir à l’équilibre budgétaire et remettre la dette publique sur une trajectoire soutenable (c’est-à-dire la baisse du ratio dette publique sur PIB, égal à 90% en 2012).

L’un dans l’autre, la reprise se dessine et devrait se poursuivre mais sur un rythme moins soutenu qu’au deuxième trimestre. Tout juste positive en 2013, la croissance s’approcherait de 1% en 2014. Les risques baissiers sont néanmoins dominants mais moins nettement qu’il y a trois mois.

Du côté du crédit

On constate une stabilisation de l’encours de crédit aux sociétés non financières en juillet 2013 (le taux de croissance s’établit à -0,1% après 0,4% en juin 2013). Celui-ci pourrait progresser à nouveau en fin d’année avec le possible moindre recul des encours de crédit de trésorerie en liaison avec la remontée de la demande (comme l’indique l’enquête mensuelle de la Banque de France de juillet 2013 sur la distribution du crédit) et consécutif au mouvement de restockage.

S’agissant du segment des PME, un maintien d’une légère hausse des encours de crédit en juillet 2013 (0,4% après 0,9% juin) imputable pour partie à la faiblesse de la demande passée, comme l’illustre l’enquête de la Banque de France. Dans un contexte général de ralentissement des encours de prêts aux sociétés, les prêts aux PME continuent donc de progresser un peu plus rapidement que l’ensemble.

Les travaux récents de la Banque de France mettent en exergue une absence de rationnement du crédit aux entreprises, la baisse de la demande étant la cause essentielle de la diminution des crédits aux PME, résultat confirmé par les diverses enquêtes européennes et françaises sur l’accès des PME au crédit bancaire.

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