Women Equity 50 2017
Publié le 19 Avril 2016

A l'occasion de notre point annuel dédié au Développement des PME, sur le thème « PME et ouverture du capital, quelle structure actionnariale pour quel projet d’entreprise ? », Grégoire Revenu, Co-fondateur du Programme Women Equity, Managing Partner de Bryan, Garnier & Co, nous livre son analyse des enjeux de la présence d’un investisseur au capital, ainsi que ses impacts sur la vie de l’entreprise.

Grégoire Revenu, Co-fondateur du Programme Women Equity, Managing Partner de Bryan, Garnier & Co

Grégoire dispose d’une expérience de plus de vingt ans dans le financement de la croissance des PME en France et en Europe, en tant qu’investisseur et banquier d’affaires. Co-fondateur et membre du comité exécutif de la banque d’investissement Bryan, Garnier & Co, il a réalisé près d’une centaine d’opérations de levées de fonds, de cessions/acquisitions ou d’opérations de marché pour des entreprises de croissance européennes. Après avoir débuté sa carrière au début des années 90 sein d’un des principaux acteurs du capital-investissement français, il participe dès 1995 au développement de l’écosystème européen des valeurs de croissance, au travers du lancement d’un des premiers fonds de pré-introduction en bourse, du lancement des marchés européens des valeurs de croissance (Easdaq), et de la banque d’investissement Quartz Capital Partners Ltd en 1996, avant de participer au lancement de Bryan, Garnier & Co en 1997. Avec plus de 150 professionnels en Europe, aux US et en Asie et près de quarante transactions réalisées en 2015, dont les trois plus importantes opérations de financement de sociétés européennes sur le Nasdaq, deux des principales levées de fonds pour des sociétés de technologie et deux des trois plus importantes transactions dans le secteur du logiciel en France, Bryan, Garnier & Co est la banque d’investissement leader sur le segment des valeurs de croissance en Europe. Grégoire est diplômé d’un magistère de finance et d’une licence de droit des affaires de Paris II.

Grégoire Revenu, Co-fondateur du Programme Women Equity, Managing Partner de Bryan, Garnier & Co
Grégoire Revenu, Co-fondateur du Programme Women Equity, Managing Partner de Bryan, Garnier & Co

Ouverture du capital et stratégie entrepreneuriale du dirigeant

Considérer une ouverture du capital plutôt qu’un recours à la dette est parfois une réponse à des contraintes qui sont liées à la nature de l’activité, à la phase de développement de l’entreprise ou à sa situation financière, contraintes qui peuvent exclure tout recours au financement de bas de bilan. La démarche peut aussi répondre à des objectifs d’ordre financier, de gouvernance, ou d’accompagnement du projet de développement de l’entreprise.

L’ouverture du capital permet à l’entreprise de disposer d’une capacité financière étendue qui ne ponctionne pas sur les cash-flows futurs, lorsqu’il s’agit d’accroître ses capacités pour financer des projets d’investissement.

L’entreprise recourt alors à une augmentation de capital immédiate (émission d’actions) ou différée (émission d’obligations remboursables en actions notamment) que souscrivent les investisseurs et qui engendre en contrepartie une dilution de l’actionnariat. De même, dans le cas d’une réorganisation du capital (rachat d’un actionnaire minoritaire, organisation d’une transmission) l’entrée d’un partenaire au capital permet d’adapter le recours à la dette en fonction de l’excédent de cash-flow de l’entreprise.

L’entrée au capital d’un actionnaire professionnel peut être motivée par la volonté de faire évoluer la gouvernance de l’entreprise, en accroissant par exemple le formalisme des méthodes de planification, de suivi de la performance, de reporting, d’audit ou en professionnalisant le processus de décision du Conseil d’Administration. Cette approche peut être vertueuse pour préparer l’entreprise à une nouvelle étape de développement telle qu’une introduction en bourse, pour positionner au mieux l’entreprise vers une cession, ou encore accompagner et préparer une équipe de management à reprendre l’entreprise à ses fondateurs.

Enfin l’arrivée d’actionnaires professionnels peut répondre à une volonté d’accélérer le développement de l’entreprise et d’y ajouter les compétences stratégiques et financières, voire le renom de son actionnaire, pour élaborer la stratégie de croissance et son implémentation, identifier des cibles d’acquisition ou encore mettre en oeuvre la politique de croissance externe avec le soutien opérationnel de l’investisseur (négociations, montage financier de reprise, relations bancaires…). 

Au-delà de la question financière, dès lors qu’il participe à la gouvernance, l’investisseur influe à des degrés divers sur la capacité de croissance de l’entreprise. Cette influence peut devenir complexe lors de tours de table élargis comportant plusieurs investisseurs dont les objectifs (horizon de temps de l’investissement par exemple), les capacités (moyens financiers pouvant être mis à disposition de la société, en vue d’une politique d’acquisition active par exemple), ou encore l’approche du risque (nature des prises de risque / rendement), peuvent ne pas être homogènes. Donner un cap directeur fort et maintenir la cohésion de l’actionnariat et du board afin que ces complexités n’affectent pas la capacité de développement de la société, constituent alors des enjeux importants pour le management de l’entreprise.

Enjeux des relations actionnariales

L’ouverture du capital engendre ainsi des conséquences sur la gestion de l'entreprise au sens large en impactant à des degrés divers la stratégie managériale, tout en annonçant nécessairement un changement dans la relation actionnariale. Objectifs, attentes et contraintes des parties diffèrent évidemment selon les situations et la nature des partenaires, financiers minoritaires ou investisseur majoritaire, partenaire industriel ou familial.

Bien les appréhender, choisir un actionnariat adapté à son projet, sont essentiels pour poser les bases d’associations réussies et tirer au mieux parti de la relation entre dirigeants et actionnaires.

Diversité des investisseurs et des cultures actionnariales

Face aux besoins capitalistiques des entreprises, il existe une grande diversité des fonds de place, dont certains développent des stratégies de niche, sectorielles (numérique, médical, etc.), géographiques (implantations régionale, binationale, etc.) ou thématiques, avec des contributions opérationnelles supérieures dans leur domaine de spécialité à ce qui est en général attendu d'un investisseur non spécialisé. Prendre le temps de déterminer les valeurs ajoutées et contributions attendues et les hiérarchiser, afin d’identifier la typologie du partenaire recherché, est un préalable à la construction d’une relation actionnariale de qualité.

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