Women Equity 50 2017
Publié le 19 Avril 2016

A l'occasion de notre point annuel dédié au Développement des PME, sur le thème « PME et ouverture du capital, quelle structure actionnariale pour quel projet d’entreprise ? », Caroline Remus, Directrice Générale et Associée Gérant d’EPF Partners, livre son analyse des enjeux de la présence d’un investisseur majoritaire au capital et développe quelques enjeux clés du métier d'actionnaire dans son interaction avec les dirigeants

Caroline Remus, Directrice Générale et Associée Gérant d’EPF Partners

Diplômée de l’Institut National Agronomique Paris Grignon et de l’Ecole Nationale du Génie Rural des Eaux et des Forêts, Caroline Rémus débute sa carrière au Ministère de l’Agriculture. Elle rejoint ensuite l’équipe de Fusions-Acquisitions de la Banexi, puis le Comité exécutif de BNP Paribas CF. Après quelques années chez Crédit Agricole Indosuez CF, elle devient en 2002 dirigeante du Fonds de Private Equity iXEN, puis Directrice Générale de l’IDI. Elle rejoint EPF début 2012, fonds d’investissement spécialisé dans l’investissement de PME dont le centre de décision est en France.

Caroline Remus, Directrice Générale et Associée Gérant d’EPF Partners
Caroline Remus, Directrice Générale et Associée Gérant d’EPF Partners

Importance du choix mutuel dirigeant-investisseur

Il existe autant de typologies d’investisseurs, en termes de personnalités, que de dirigeants. Et l’adéquation entre les deux favorise plus ou moins la qualité des relations actionnariales, elle-même facteur de performance des entreprises. A cet égard, il est essentiel de souligner l’importance du choix mutuel dirigeant-investisseur. Ce choix nécessite un temps suffisant de discussions et d’échanges, afin de partager et adopter, ou non, selon le cas, la vision stratégique de l’entrepreneur, et aussi de sentir si l’on part bien sur un socle de valeurs communes.

Rappelons à ce titre l’importance du temps dédié à la négociation du pacte d’actionnaires, qui, bien au-delà de son objectif contractuel, permet l’expression des attentes et des éventuelles inquiétudes respectives.

Enjeux de l’actionnariat majoritaire

Dans le cadre d’un actionnariat majoritaire (au sens où le fonds est majoritaire et le management minoritaire), la confiance placée dans le management est un élément clé. Certes le fonds, majoritaire, détient les deux manettes clés que sont le droit de céder l’entreprise et celui de changer le management. Mais cette dernière décision est toujours un constat d’échec, car, au départ, il est censé avoir cru dans le projet du dirigeant et dans sa capacité à le réaliser. Par ailleurs le fait que souvent, les LBO enchainent sur d’autres LBO, la position vendeuse et acheteuse du management est une source de conflits d’intérêts potentiels vis-à-vis des fonds, pur sortant ou pur entrant, qui nécessite là aussi, que la confiance soit là, d’un côté comme de l’autre.

Durant la vie de l’investissement les relations sont intéressantes et subtiles car il n’y a pas de rapport hiérarchique entre le management et les financiers, mais une relation d’opérationnels à actionnaires.

Loyauté et transparence

Quelle que soit l’opération financière réalisée, l’impératif de transparence du dirigeant s’accompagne d’un devoir de loyauté du fonds. Ce dernier doit, par exemple, adopter une attitude claire en cas de proposition de rachat par des concurrents, et en tous cas, a minima, respecter scrupuleusement les engagements pris à l’égard du management si celui-ci n’a pas failli à sa mission. De la même façon un dirigeant qui « oublie », quelques années après avoir fait rentrer un fonds à son capital, quel était le projet capitalistique à terme, provoque inévitablement des réactions hostiles de la part des fonds, qui gèrent, par construction, des capitaux que des tiers leur ont confiés. Le dirigeant doit observer des règles fluides de partage d’une information globale et pertinente : systématisation du reporting, partage des difficultés financières le cas échéant, etc. Une prise de risque assumée conjointement et en bonne intelligence par les deux parties permettra d’éviter les tensions générées ensuite par les aléas de la réalité, versus un business plan initial qui n’est pratiquement jamais au rendez-vous, soit que le développement aille plus vite, soit que les étapes se décalent. Enfin rappelons que la voie juridique, pour régler les différends, est souvent la mauvaise ; en cas de difficultés dans la résolution des conflits les parties peuvent, par exemple, désormais recourir à des médiateurs spécialisés, référencés par l’AFIC (Association française des investisseurs pour la croissance).

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