Publié le 28 Juillet 2016

A l'occasion de notre point annuel dédié aux pratiques managériales / RSE des PME, sur le thème « Bien-être au travail et performances des PME », Catherine Lespine, DG du Groupe INSEEC (près de 130M€ de CA, 730 salariés), nous livre son témoignage sur les clés d’une démarche pertinente de bien-être au travail dans le secteur de l'enseignement supérieur, et sa valorisation auprès des parties prenantes.

Catherine Lespine, DG du Groupe INSEEC

Diplômée de l’ESCP Europe, Catherine Lespine débute sa carrière comme contrôleur de gestion des Hôpitaux de Paris et obtient parallèlement un Master Recherche en sciences de gestion à la Sorbonne. En avril 1986, sa vie familiale la conduit à Bordeaux où elle intègre le groupe INSEEC comme jeune professeur en Contrôle de Gestion et Stratégie. Dès lors, elle ne quittera plus le groupe et est nommée directrice générale en 2003. Avec plus de 15 000 étudiants, près de 45 000 anciens élèves, 75 nationalités représentées, le Groupe INSEEC (125,6M€ CA, 730 salariés en 2014) se positionne aujourd’hui comme l’un des tout premiers groupes d’enseignement supérieur français.   

 

Catherine Lespine, DG du Groupe INSEEC
Catherine Lespine, DG du Groupe INSEEC

Historique et enjeux

Le groupe INSEEC a traversé trois actionnariats successifs ; l’actionnariat familial initial, suivi du rachat par le premier groupe d’enseignement supérieur privé mondial, l’américain CEC, coté à la bourse de New-York (2Mds€ de CA). En 2013, CEC cède l’INSEEC à APAX Partners, fond d’investissement français. Les transformations induites dans la gestion de l’entreprise ont été notables et ont dû être portées par le management et transmises aux équipes. L’entrée d’Apax au capital nous a permis de structurer une démarche RSE globale, irriguant tout à la fois les programmes d’enseignement et nos relations avec les parties prenantes.

Nous sommes actuellement en cours d’opération d’acquisition d’un groupe, et allons passer à 22 000 étudiants, pour 210 millions d’euros de chiffre d’affaires et 1800 salariés contre 1200 actuellement. L’acquisition d’un groupe de taille significative a de facto fait émerger une problématique de convergence du management ; à cet égard, nous sommes convaincus que la politique RSE menée au sein du groupe, et en particulier la politique menée en matière de bien-être au travail, favorisera le rapprochement stratégique des entités à la faveur de valeurs et modes organisationnels communément partagés.

En tant qu’acteur majeur de l’enseignement supérieur, je souligne ici le défi de la gestion de collèges de population diversifiés que compte le groupe INSEEC (salariés enseignants et administratifs, étudiants, entreprises partenaires, organismes externes, etc.), nous commandant de structurer et diffuser une démarche de bien-être au travail à destination de l’ensemble des parties prenantes, sur les sites français et à l’étranger.

Bonnes pratiques

Dans un contexte de massification de l’enseignement supérieur, nous avons œuvré dès sa création à faire de l’INSEEC un établissement pionnier en matière de politique sociale. Conscients du rôle qui est le nôtre dans l’économie et sur le marché du travail, nous avons décidé de faire partager et de développer sa politique et ses actions en matière de mieux-être au travail.

En premier lieu, nous avons mis en place un certain nombre de mesures en interne au niveau du recrutement et du management des RH, accompagnées de politiques en faveur de la mixité et de la diversité, que nous considérons comme des prérequis nécessaires car contribuant à l’enrichissement de tous. Cela s’est notamment traduit par la mise en œuvre d’une gouvernance participative (52% de femmes, dont 46% de cadres dirigeantes), ou de la priorité donnée à l’égalité des chances, avec notamment la création en 1995 de la première école d’apprentissage, et les mesures en faveur de l’intégration d’étudiants issus de milieux défavorisés (30% de boursiers d’Etat) dans un secteur marqué par des barrières sociales fortes à l’entrée des grandes écoles.

Le bien-être au travail intégré à la formation des étudiants

Par ailleurs, nous avons jugé essentiel que notre démarche en faveur de la RSE et du bien-être au travail intègre le contenu des enseignements, en cohérence avec nos valeurs.  Nous sommes en effet persuadés que notre volontarisme et notre exemplarité contribueront à ce que les nouveaux dirigeants d’entreprises, au travers des approches et méthodes mises à leur disposition, intègreront dans chacune de leurs décisions une attention aux impacts à la fois économiques, sociétaux et environnementaux. 

Nous œuvrons également à l’amélioration de l’environnement de travail sur les différents sites ; nous avons eu le souhait, impactant en termes de coûts et d’attractivité, d’implanter nos campus en centre-ville, afin d’en faciliter l’accès à tous, et avons fait le choix de bâtiments et espaces de qualité, lumineux et écoresponsables. Des moments de partage entre le personnel, les professeurs et les étudiants sont instaurés chaque mois.

Valoriser et mesurer nos engagements

Ces différentes mesures se sont accompagnées d’une volonté de valoriser les engagements du groupe. Cet effort de formalisation s’est d’abord traduit par l’obtention de labels (double Label Égalité professionnelle et Diversité, adhésion au Programme des Nations Unies pour l’enseignement de la gestion responsable), la signature de chartes ou l’élaboration de rapports RSE depuis 2014, qui dressent un état des lieux des actions et des avancées du groupe dans ce domaine.

Afin d’évaluer l’impact de nos actions, nous avons récemment fait appel à un cabinet spécialisé qui a réalisé un audit de notre démarche RSE ; il a ainsi été établi que nous bénéficions d’un retour sur investissement de 2,85 fois le montant investi.

Nous avons eu à cœur de faire partager ces engagements formalisés et volontaristes par l’ensemble des parties prenantes afin de diffuser des valeurs et une vision responsables. A cet égard, je rappelle l’importance de la communication, qui doit nous permettre de construire une politique multisite et multi-acteurs. Celle-ci se traduit notamment par l’organisation de plusieurs événements (Deuxième université du Bonheur au travail notamment), ou la création d’un site internet dédié (https://www.rse-groupeinseec.com/). 

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