Labelliser les entreprises menant une politique d’équité salariale entre hommes et femmes, voilà l’idée qui a présidé, en 2005, à la constitution de la certification Equal Salary, sous l’impulsion de Véronique Goy Veenhuys, ancienne cadre d’un cabinet de recrutement, également passée par la case de l’entrepreneuriat, et Yves Flückinger, directeur de l’Observatoire Universitaire de l’Emploi de Genève. Soutenu par la Confédération suisse, par le biais de son Bureau Fédéral pour l’Egalité des Hommes et des Femmes, l’organisme procède, depuis 2008, à un audit en deux phases des entreprises désireuses d’obtenir la certification, en partenariat avec le cabinet d’audit SGS. L’enquête commence par une mesure statistique de la politique salariale de l’entreprise, menée par l’Observatoire Universitaire de l’Emploi de Genève. Il s’agit avant tout de dresser un panorama de la politique salariale, de mesurer dans sa globalité l’écart de salaire entre emplois équivalents occupés par des hommes et des femmes, grâce à un outil de mesure statistique développé par Yves Flückinger. A l’issue de cette première phase, et si le niveau de discrimination salariale est inférieur à 5%, l’enquête quantitative cède la place à une seconde enquête, plus qualitative mesurant l’implication de l’entreprise, et ce à trois niveaux : la direction, les ressources humaines, et l’ensemble des collaborateurs et collaboratrices. Cet audit est destiné à vérifier les modalités de mise en œuvre d’une politique salariale efficiente. Une fois délivré, le label est conservé par l’entreprise pour une durée de trois ans, à l’issue de laquelle un deuxième audit pourra être mené, à la demande de l’entreprise. Outre la délivrance du précieux sésame, l’enquête est aussi le moyen de dégager des pistes d’amélioration, voire des bonnes pratiques à adapter à d’autres entreprises.
Depuis 2008, qui marque le début de la phase opérationnelle de la certification Equal Salary, cinq entreprises publiques et privées ont obtenu le label, entérinant ainsi leur engagement en faveur de l’égalité salariale : le CSEM (Centre d’électrotechnique et de microtechnique), la Ville de Fribourg, le World Economic Forum, les montres Corum (en 2009), et les Services Industriels de Genève (en janvier 2010).
La motivation de ces entreprises est double : atout marketing supplémentaire vis-à-vis de la clientèle, comme des talents à recruter et /ou conserver, en misant sur la politique d’équité salariale. Thomas Hinderling, Directeur général de CSEM, la première entreprise labellisée, l’exprime sans détours : « Une entreprise qui se fait un nom avec l'égalité des chances a une réputation de progressisme, d'ouverture, d'innovation. C'est excellent pour son image ».
En œuvrant pour une rémunération égale des hommes et des femmes, la certification Equal Salary participe à une revalorisation du travail des femmes. Une action d’autant plus bienvenue que la situation des femmes sur le marché du travail en Suisse est difficile, en raison d’une politique familiale peu adaptée. En effet, si le taux d’activité féminin du pays est de 74% (une proportion comparable à celle des pays nordiques), seules 18% des mères travaillent à plein temps (versus 70% en France).
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