Depuis longtemps engagée pour l’égalité entre hommes et femmes, la Commission européenne a décidé, dans un contexte de repositionnement global dû à la crise, de s’emparer des aspects économiques de la question, encouragée en cela par la multiplication d’études mettant à jour le lien entre mixité, performance des entreprises et croissance. Or, en Europe, seules 3% des entreprises cotées sont dirigées par des femmes, et ces dernières ne représentent que 10% des membres des conseils d’administration.
La Commission européenne a donc décidé de s’atteler à la réduction des inégalités économiques entre hommes et femmes, et notamment par la plus criante de toutes, l’inégalité persistante de salaire, qui s’élève en moyenne au sein de l’Union Européenne à près de 18%. La Charte des femmes a été présentée, lors d’une réunion informelle des ministres européens chargés de l’égalité des sexes, qui s’est tenue à Valence les 25 et 26 mars 2010. Parmi les solutions mises en avant par ce document, la définition de plans en faveur de l’égalité hommes-femmes, la définition d’objectifs et leur suivi régulier, une meilleure conciliation vie privée-vie professionnelle, la promotion de « role models » , ou encore l’organisation de programmes de tutorat et la mise en place de réseaux professionnels féminins. La Charte devrait devenir la pierre angulaire de la nouvelle stratégie de l’Europe pour l’égalité des sexes, dont la priorité sera la promotion des femmes dans les instances de direction de la sphère économique.
Une priorité pour la Commission Européenne
A cette occasion, Viviane Reding a par ailleurs exhorté le monde économique à se départir de sa myopie habituelle quant aux questions de genre : « Différentes études ont démontré que les entreprises à forte représentation féminine sont également celles qui se portent le mieux financièrement. J’appelle les entreprises et les gouvernements à œuvrer d’arrache pied pour que l’équilibre entre les femmes et les hommes devienne une réalité. J’encourage également les femmes talentueuses à oser intégrer les conseils d’administration et à postuler aux fonctions clés ». Une prise de position qui relaye le sentiment de nombre d’européens, puisque le dernier Eurobaromètre, publié en février 2010, montre que 80% des européens souhaitent que des mesures urgentes soient prises contre l’égalité salariale, tandis que 55% des européens estimaient que la sous représentation des femmes dans les instances dirigeantes était une question à régler d’urgence.
La présentation de cette Charte s’inscrit donc à la fois dans un courant d’opinion très favorable, et permet de réaffirmer l’attachement de l’Union Européenne à l’égalité des sexes, attachement renouvelé par le lancement d’une campagne d’affichage contre les inégalités de salaire, dont le slogan « Notre travail a-t-il la même valeur ? » se veut un appel aux consciences européennes.




