L’Union Européenne est un des plus grands promoteurs de la notion de Gender Mainstreaming, ou approche intégrée du genre, puisque le principe a été adopté en 1995 par le Parlement européen, via une résolution, soit seulement dix ans après la conférence de Pékin pendant laquelle ce concept avait été pour la première fois débattu. Il s’agit de prendre en compte, dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques, de l’impact différencié de celles-ci sur les genres. Le Gender Mainstreaming consiste surtout en une prise de conscience de l’existence de stéréotypes de genre par les institutions, qui sont réputées « aveugles » aux différences, au nom du principe d’égalité de traitement. Loin de remettre en cause ce principe, il s’agit de s’adapter à une situation donnée, qui est celle d’une inégalité latente entre hommes et femmes, et de faire en sorte qu’une politique publique n’aggrave pas, et même améliore cette situation. L’Union Européenne a fait de ce concept un de ses principes, et est aujourd’hui, avec les nombreux programmes qu’elle implémente elle-même ou soutient financièrement, un acteur incontournable dans la lutte contre les discriminations de genre. C’est dans ce contexte que l’Union européenne a décidé, en 2006, l’ouverture d’un Institut Européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes, sur le modèle de l’Institut fédéral belge pour l’égalité hommes/femmes.
Disposant d’un budget de 52,5 millions d’euros pour la période courant jusqu’à 2013, et employant une trentaine de collaborateurs experts en gender studies, l’institut a pour mission d’apporter son soutien aux gouvernements des États-membres, ainsi qu’aux institutions européennes, comme la Commission, afin de promouvoir l’égalité entre les genres, de combattre ces inégalités, mais aussi d’éveiller les consciences européennes à ces questions. Le rôle de l’Institut est donc d’être un aiguillon, et son rôle repose en partie sur l’information et la sensibilisation des citoyens comme des Institutions. Dans ce cadre, son action suit deux axes principaux. Le premier axe est celui de l’information et de la sensibilisation, grâce à la collecte de données relatives aux inégalités de genre en Europe, et à la publication de rapports et de synthèses, destinées à rendre plus palpables les inégalités de genre. Le second axe du travail de l’Institut est de développer des outils méthodologiques destinés à faciliter l’intégration de l’approche de genre dans les politiques publiques.
Le travail de l’Institut s’articule par ailleurs autour des thèmes d’action qui avaient été déterminés par la Commission européenne, dans sa « Feuille de route pour l’égalité Hommes/Femmes 2006-2010 ». L’accent a notamment été mis sur l’indépendance économique des femmes, et en particulier la réduction des écarts de rémunération, ainsi que le développement de l’entrepreneuriat féminin.




