Un constat partagé
Lorsqu'en 2003, le gouvernement norvégien débute une réflexion sur la répartition équilibrée des sexes au sein des instances dirigeantes des entreprises, la Confédération des Entreprises Norvégiennes (NHO) décide d'anticiper sur cette législation, en mettant en place un programme de repérage et d'entraînement des talents féminins, nommé Female Future.
Bien qu'opposée à la logique des quotas, la Confédération des Entreprises Norvégiennes considère la sous-affectation de la moitié des talents, comme une irrationalité économique qu’il faut corriger. Les femmes sont mieux formées, représentant en Norvège plus de 50% des diplômés du supérieur, et, ainsi que le souligne son président, M. Bergesen, doivent être en position de mieux contribuer aux résultats des entreprises, la mixité des instances dirigeantes favorisant une plus grande diversité de points de vue, et une meilleure adéquation au marché. Autant d'arguments qui ont d'ailleurs été prouvés par de nombreuses études (dernière piqûre de rappel, l’étude Women Matter 3 de Mc Kinsey)
Une mise en œuvre exemplaire
Le programme Female Future se focalise sur un changement de paradigme, impliquant l’ensemble des parties prenantes dans ce processus. Les entreprises s’engagent à repérer en leur sein et à former les femmes talentueuses, appelées à prendre un siège dans un conseil d'administration ou de surveillance. Ce faisant, elles contribuent à adresser un problème spécifiquement norvégien, pesant sur leurs stratégies de recrutement et de rétention des femmes de haut niveau : l’attractivité du secteur privé.
Female Future a ainsi développé une formation sur-mesure pour ces femmes, adaptée à leurs problématiques, abordant notamment la question du réseau, de la visibilité ou encore du développement de leurs compétences de présentation. En outre, Female Future a créé une base de données regroupant des femmes qualifiées, ouverte à l’ensemble des entreprises participantes, croisant ainsi les viviers. En parallèle, et toujours dans l'idée de changer profondément les mentalités, Female Future invite les jeunes chefs de junior entreprises à suivre son programme, afin des les rendre conscients de ces réalités.
Des résultats à la clef
Entre 2003 et 2006, à la date d'entrée en vigueur de la législation, 50 des 85 plus grandes entreprises de Norvège et près de 850 femmes ont pris part à ce programme. Mené nationalement et régionalement, ses résultats sont probants : 26% des participantes au programme national se sont vues proposer, à l’issue une place dans un conseil d'administration, et cette proportion monte à 50% pour les participantes aux programmes régionaux.
Si, en 2010, la majorité des entreprises norvégiennes visées par la législation ont atteint l'objectif de 40% fixé par le gouvernement, c'est en grande partie grâce au travail mené par le NHO avec le projet Female Future, dont la force a reposé sur son approche structurelle. Female Future a initié une véritable révolution des mentalités, à tel point que les PME, qui pourtant n'étaient pas visées par ce dispositif, ont également féminisé leurs instances de direction. Par ricochet, ce projet a permis une professionnalisation des conseils d'administration et de surveillance. Un cercle vertueux norvégien qui pourraient inspirer ceux qui devront mettre en œuvre une meilleure représentation des femmes dans les conseils, ici ou ailleurs.
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Women on Board - The Norwegian Experience
Retrouvez l'analyse de la politique menée par la Norvège afin d'améliorer la présence des femmes aux conseils de sécurité et de surveillance des entreprises
Female Future
Présentation du programme Female Future mis en place par le NHO
Site du Gouvernement norvégien
Le Gouvernement norvégien présente le programme Female Future, mis en place par le NHO
Women Matter 3
Retrouvez l'étude menée par Mc Kinsey, Women Matter 3





