Publié le 31 Mai 2011

Créée en avril 2010, la Fondation Croissance Responsable, qui regroupe des dirigeants d’entreprise de toutes tailles, des représentants de l’entreprenariat social, du monde syndical, de l’université, de la recherche économique et du monde des médias, a pour objectif de réhabiliter le modèle de l’économie de marché en France, tout en réfléchissant à ses nécessaires évolutions, dans le contexte actuel de crise. A l’occasion de son premier forum, qui s’est tenu le 9 décembre, la Fondation Croissance responsable a présenté un rapport issu des travaux de la commission « Croissance, stop ou encore ? », dirigée par Denys Payre, PDG fondateur de Kiala.

En avril 2010, la Fondation Croissance Responsable lançait ses premiers travaux, visant à mesurer le sentiment de défiance palpable des  Français vis-à-vis de l’économie de marché et du concept de croissance. Pour la Fondation, il s’agit de montrer que si les Français sont dans l’ensemble convaincus que l’économie de marché reste le meilleur système, porteur de progrès social et économique, ils n’en perçoivent plus les bénéfices à l’échelle individuelle, et souffrent des inégalités sociales croissantes et de l’exclusion.

Selon l’enquête menée par la Fondation Croissance Responsable, 77% des Français sont ainsi persuadés que la croissance économique ne profite qu’à une minorité, et creuse les inégalités sociales. Or, l’économie de marché a permis, en France depuis près de cinquante ans, mais également dans les pays émergents comme on le constate aujourd’hui, une élévation générale du niveau de vie, mais également un bien-être accru, l’accès généralisé aux soins médicaux et  à l’éducation, et davantage de temps libre. D’ailleurs, les sondés le reconnaissent, puisque 69% d’entre eux estiment que la crise actuelle n’est qu’une dérive du capitalisme, et 77% d’entre eux sont persuadés que la croissance est compatible avec l’écologie, comme le soulignait Bruno Jeanbart, Directeur adjoint d’Opinion Way, l’institut qui a mené l’étude pour Croissance Responsable, interrogé par le quotidien 20 minutes.

Aujourd’hui, la Fondation Croissance Responsable cherche à revaloriser le concept de croissance, en montrant que celle-ci n’est pas nécessairement synonyme de profit à outrance, mais peut permettre l’insertion, créer des solidarités, réduire les inégalités sociales, tout en étant rentable.

 

Denis Payre, président directeur général et fondateur de Kiala
Denis Payre, président directeur général et fondateur de Kiala

La Responsabilité sociale des entreprises, un mouvement de fond

Pour cela, la Fondation Croissance Responsable s’attache à montrer que les entreprises, en menant des politiques adaptées, en plaçant l’humain au cœur de leurs responsabilités, peuvent être les moteurs de ce changement de paradigme. Dans ce but, la Fondation a entendu de nombreux acteurs d’une croissance responsable, parmi lesquels Women Equity for Growth, qui ont nourri les réflexions de la commission « Croissance, stop ou encore ? ».

Pour la Fondation Croissance Responsable, la responsabilité sociale des entreprises, loin d’être un simple outil de communication, est un véritable mouvement de fond, expliqué par une série de facteurs identifiés par la Fondation.

Tout d’abord, il s’agit pour les entreprises d’être en phase avec les aspirations sociales et environnementales de leurs clients, afin de les conserver.

De la même façon, il est nécessaire pour l’image de la société que ses effectifs soient représentatifs de la société. La mixité des instances dirigeantes, est, à cet égard, un important enjeu. Cette représentativité est aussi importante en interne ; c’est un moyen de motiver les salariés, d’attirer de nouveaux talents et de les fidéliser.

Enfin, la responsabilité sociale de l’entreprise est rentable : Women Equity for Growth s’est attachée à démontrer les bénéfices économiques de la mixité des instances dirigeantes en relayant les résultats des études menées à ce sujet, tandis que l’Association IMS-Entreprendre pour la Cité a démontré, quant à elle, que l’intégration de la diversité dans les politiques  de recrutement, peut augmenter de 14% la rentabilité des entreprises.

 

Mieux prendre en compte la RSE dans l’analyse financière

Cependant, aujourd’hui, se pose le problème de la prise en compte en termes chiffrés, de la responsabilité sociale des entreprises dans leurs performances.

La communauté financière reste assez hermétique à l’intégration de sa mesure aux outils d’analyse de la performance des entreprises. Les fonds ISR ou RSE restent très marginaux. Surtout, la responsabilité sociale des entreprises, si elle améliore sensiblement la productivité, demande une vision à moyen, voire à long terme, ce qui va à l’inverse de la tendance générale, ainsi expliquée par Grégoire Revenu, de la banque d’investissement Bryan Garnier & Co, qui a été interrogé par la Fondation Croissance Responsable : « L’état d’esprit général est qu’un gestionnaire poursuivant un objectif de performance long terme ne peut prendre le risque de disparaître faute de performance court terme ».

A travers la question de la mesure de la responsabilité sociale des entreprises, c’est tout le problème des indicateurs de croissance qui est posé.

 

Catherine Marguerite, rapporteur de la commission
Catherine Marguerite, rapporteur de la commission "Stop ou Encore"

Mieux mesurer la croissance

Car repenser la croissance, c’est aussi repenser la manière dont on la mesure. Depuis quelques années, les économistes les plus renommés se sont penchés sur la question des indicateurs de richesse.

Le PIB, jusque-là alpha et oméga de la mesure de la richesse, est peu à peu remis en question. Sa création, dans les années 1930, correspond à un modèle de société révolu. Le rapport remis par la commission Sen-Fitoussi-Stiglitz a montré que le PIB ne prenait pas en compte de nombreux paramètres liés au bien-être sociétal, comme les ressources naturelles et leur dégradation, les activités non marchandes et certains services de l’Etat, comme la Justice.

Pour autant, les autres indicateurs existants, qui se focalisent sur le bien-être, tel l’IDH (Indicateur de développement humain), ou la mesure des inégalités, sont également incomplets. Dans une période de recomposition du capitalisme, il devient nécessaire d’avoir des indicateurs de performance pertinents, en phase avec les attentes de la société.

Afin de promouvoir le concept de croissance « responsable », basé sur l’engagement sociétal des entreprises, la Fondation Croissance Responsable, travaille à identifier les initiatives les plus pertinentes  en ce sens, et à les promouvoir. Elle s’inscrit ainsi dans un mouvement global qui invite à repenser les concepts de croissance et de richesse et à promouvoir une économie de marché plus en harmonie avec les attentes sociales, auquel Women Equity for Growth s’associe également.

 

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Livret Croissance Responsable

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Enquete Fondation Croissance Responsable

Sondage "Les Français et l'économie de marché"

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Rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et progrès social

External link

Kiala

Opinion Way

Bryan, Garnier & Co

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