Les entreprises de taille intermédiaire, moteur de la croissance
Alors qu’en France les PME constituent l’essentiel du tissu économique, et donc de la création de richesses et d’emplois, elles éprouvent des difficultés à poursuivre leur croissance et à devenir des ETI, des entreprises de taille intermédiaire. Or, ces dernières sont un véritable moteur pour la croissance.
« Tous les indicateurs le montrent ; alors qu’elles sont peu nombreuses, elles contribuent à hauteur du tiers aux exportations françaises. » explique le sénateur Bruno Retailleau, auteur du rapport « Les entreprises de taille intermédiaire au cœur d’une nouvelle dynamique de croissance », remis au Premier Ministre en février 2010. Et cette difficulté est encore plus criante pour les entreprises dirigées par des femmes, qui sont soumises à de fortes contraintes de développement.
Or, dans le contexte actuel, l’augmentation du nombre d’ETI est un enjeu pour la croissance nationale. Pour répondre à cette problématique, la CCIP a créé, en avril 2008, l’Institut du Mentorat Entrepreneurial, ainsi que l’expliquait Dominique Restino lors de la soirée du 13 décembre : « La CCIP a créé l’IME afin d’aider les entreprises à grandir. Nous manquons en France d’ ETI, 97% des entreprises en France ont moins de 20 salariés, il faut les aider à grandir. L’objectif est de les faire aller plus loin et plus haut, afin qu’elles puissent se développer, gagner des marchés.»
L’exemple québécois
S’il existe aujourd’hui de multiples dispositifs facilitant l’éclosion de projets entrepreneuriaux (pépinières d’entreprises, incubateurs…), le manque d’accompagnement se fait sentir une fois l’étape de la création dépassée.
Or, pour beaucoup de PME à fort potentiel, l’accompagnement peut être un véritable accélérateur de croissance. C’est en observant des pratiques courantes au Québec que Dominique Restino, président de l’Institut du Mentorat Entrepreneurial, a décidé d’implanter en Ile-de-France, avec le concours de la CCIP, un réseau de mentors pour des chefs d’entreprises prometteuses, qui ont besoin d’un transfert d’expertise et de conseils.
Au Québec, c’est la Fondation de l’Entrepreneurship, un organisme à but non lucratif dédié à la promotion de l’esprit d’entreprise à travers le pays, qui est à l’origine du concept du mentorat entrepreneurial, partant de l’idée que l’accompagnement d’un chef d’entreprise augmente les chances de survie et de développement de sa société. Pour la fondation, cet accompagnement ne doit pas se limiter aux premiers pas de l’entrepreneur : un chef d’entreprise a besoin des conseils et de l’expertise d’autres chefs d’entreprises, plus expérimentés, tout au long du processus de développement de son entreprise. Ce qui est d’autant plus vrai pour les entreprises qui ont un fort potentiel de croissance. Créé en 2000, le réseau « M, mentorat pour les entrepreneurs », est aujourd’hui présent dans l’ensemble des régions québécoises, et concerne plus d’un millier de mentorés par an. Ce programme a fait ses preuves : alors que le taux de survie moyen des entreprises au Québec est de 34%, il est de 73% pour les entreprises mentorées.
Une relation de confiance entre mentors et mentorés
L’expérience québécoise, très concluante, a inspiré la CCIP, et depuis 2008, ce sont quatre promotions de mentors et de mentorés qui se sont succédées, avec pour objectif d’accélérer le développement de ces PME à fort potentiel. Dans ce contexte, le mentor fait profiter le mentoré de son expérience d’entrepreneur, prodigue des conseils, tandis que de son côté, le mentoré doit être ouvert au challenge, et prêt à accepter un point de vue extérieur. Suzanne Rey, secrétaire générale de l’Institut du Mentorat Entrepreneurial, est revenue pour nous sur le fonctionnement de la relation entre mentors et mentorés.
La relation entre mentor et mentoré est basée sur la confiance, et surtout sur un engagement volontaire. Si les mentorés sont sélectionnés en fonction de leur motivation et du potentiel de croissance de leurs sociétés, les mentors sont choisis en fonction de leur expérience et de leur désir de s’engager à partager leur savoir-faire.
C’est l’Institut du Mentorat Entrepreneurial qui forme les binômes, en prenant en compte de nombreux critères, et sans négliger l’aspect humain, comme l’explique Suzanne Rey.
Le 13 décembre, lors de la soirée débat organisée à l’initiative de l’Institut du Mentorat Entrepreneurial, les membres de la quatrième promotion ont témoigné de leur expérience. Un débat a ensuite pris place, auquel participaient Dominique Restino, Christian de Boissieu, Président du Conseil d’Analyse Economique auprès du Premier Ministre, Dominique Caignart, Directeur du réseau OSEO Ile-de-France, Jean-Pierre Guichard, Mentor et président du Directoire de Manutan, et Guy Mamou-Mani, Mentor et Président du Groupe Open.





