C’est à partir du constat que les inégalités de genre irriguent la totalité des interactions sociales, qu’est né le concept de « gender mainstreaming », que l’on peut traduire par approche intégrée du genre ou « perspective intégrée de l’égalité des sexes ». Le gender mainstreaming désigne le fait de prendre en compte, dans les politiques publiques l’impact différent qu’a une politique sur les hommes et les femmes. Ce concept apparaît pour la première fois lors de la Conférence mondiale de l’ONU sur les femmes à Pékin, en 1985. En 1995, le concept intègre les acquis communautaires, et fait partie intégrante des politiques européennes dans le domaine de l’égalité hommes/femmes, avec l’adoption d’une résolution, par le Parlement européen, consacrant ce principe « d’approche intégrée du genre ». Elle y est décrite comme « le fait de ne pas limiter les efforts de promotion de l’égalité à la mise en œuvre de mesures spécifiques en faveur des femmes, mais de mobiliser explicitement en vue de l’égalité l’ensemble des actions et politiques générales, en introduisant dans leur conception, de façon active et visible, l’attention à leurs effets possibles sur les situations respectives des hommes et des femmes[1] ». En cela, ce concept semble prendre acte de l’échec supposé des mesures spécifiques, et propose un travail de fond, plus transversal, de prise de conscience d’inégalités inhérentes à la société, qu’il convient de combattre d’abord en prenant conscience de leur existence. Le gender mainstreaming a donc donné naissance à une série de manuels et de bonnes pratiques, destiné à mieux prendre en compte l’impact des politiques sur les femmes, et notamment dans le domaine économique, et au sein du Ministère des Finances, mais fait finalement peu l’objet de transpositions concrètes. La notion fait l’objet de controverses, en particulier de la part de féministes, en ce qu’elle favorise une action plus diffuse, au détriment d’actions ciblées pour réduire les inégalités de genre.




