Si les idées féministes émergent avec la Révolution
française, le mouvement ne s'organise comme tel qu'à partir des combats
menés au nom de l'obtention des droits civiques, d'abord l'instruction,
l'accès à certaines professions, puis le droit de vote.
Pour cette
première vague (métaphore choisie par Elizabeth Saras pour désigner
l'existence de plusieurs chapitres dans le féminisme moderne), le but
est d'obtenir l'égalité en droit.
La deuxième période du féminisme est
centrée sur la lutte pour la reconnaissance identitaire des femmes, qui
passe notamment par la réappropriation du corps féminin , grâce à la
contraception et à l'avortement.
Après les premiers combats pour les
droits fondamentaux, le féminisme se modifie dans les années 1970,
pour devenir une critique du système capitaliste andro-centré, basé sur
la figure du male-breadwinner, dans lequel l'homme est le pivot de
l'économie, le pourvoyeur de ressources, et la femme n'est qu'un acteur
secondaire de l'économie.
Parce que dans les sociétés capitalistes, le
salariat et la participation à l'économie sont fondateurs de
l'identité, le féminisme de deuxième vague s'attache à désigner et à
combattre la perspective andro-centrée de l'économie.
La naissance de
cette deuxième vague du féminisme coïncide avec l'avènement du
néo-libéralisme et des principes du « nouvel esprit du capitalisme »,
dans lequel un ethos masculin du management se fait jour.
La deuxième
vague du féminisme, à l'inverse de la première, allie à la critique de
l'économie une dimension sociale, arguant du fait que la moindre
participation des femmes à l'économie est le corollaire de la
dépréciation de leur identité. Comme le note Nancy Fraser, les deux
dimensions sont intimement imbriquées, tout comme la question du genre
doit être croisée avec d'autres identités (de classe, de race').
La
deuxième vague du féminisme s'inscrit plus globalement dans un
changement de paradigme des mouvements sociaux, qui passent d'une lutte
pour la reconnaissance économique (luttes ouvrières notamment), à un
combat pour la reconnaissance identitaire (homosexuels, mouvement pour
les droits civiques, féministes')




