Par extension, le care est devenu un terme qui
désigne un ensemble de tâches socialement assignées aux femmes, et qui
recouvrent le soin des personnes, du « berceau à la tombe ».
Il
comporte donc un grand nombre d'activités, dont seul un petit nombre
est rémunéré et considéré comme un travail à part entière (soins
médicaux, para-médicaux, services aux personnes).
Le « Care » fait
partie de ces activités dites informelles qui s'ajoutent au travail
salarié des femmes, créant une « seconde journée de travail ».
Le care
se situe, pour Fabienne Brugère, entre la sollicitude pour autrui et le
soin, et répond en fait à la vulnérabilité intrinsèque de chaque être
humain. Elle rejoint Joan Tronto sur ce point, qui définit le care
comme « une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons
pour maintenir, perpétuer et réparer notre « monde », de sorte que nous
puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps,
nous-mêmes et notre environnement, tous éléments que nous cherchons à
relier en un réseau complexe, en soutien à la vie ».
Décrit dans un
premier temps comme une « éthique féminine », le care est surtout un
travail social indispensable à notre survie, puisqu'il pallie à une
vulnérabilité intrinsèque. Or, il a été dévalué, considéré comme une
tâche « naturelle », et quand il est considéré comme un emploi, il est
mal rémunéré et mal considéré, car constamment relégué dans du la
sphère du privé, et associé à l'affectif. On en nie alors la
difficulté. Par conséquent, le care fait l'objet d'un partage social
entre le genre, la classe et l'origine ethnique. Sa revalorisation
participe de la considération du travail féminin.




