Les évolutions brutales que connait la société française sur la période, de la modification de l’ordre social – décolonisation, mai 68 –, de l'urbanisation (2/3 des français sont citadins en 1968), de la croissance d'après guerre aux crises économiques qui suivent les deux chocs pétroliers, fournissent le cadre de l'émancipation civique, professionnelle et individuelle des femmes.
Pourtant, s'il est légiféré sur les inégalités hommes / femmes, si l’accès aux études supérieures les plus prestigieuses se libéralise progressivement, la période se caractérise bien plus par une prise de conscience grandissante que par une modification en profondeur de la situation professionnelle de la femme : Les inégalités persistent dans de nombreux domaines : inégalités de salaire, d’opportunités, inégalités dans l’accès aux fonctions à responsabilité…
Durant cette période, quelques femmes pionnières émergent néanmoins et construisent de remarquables parcours, traçant les premières voies de la seconde moitié du XXe siècle dans les domaines de l’entreprise et de la haute finance. Si peu d’entre elles on pu construire des parcours entrepreneuriaux comme Gilberte Beaux , la période est celle de l’émergence des premières femmes de la finance issues du sérail des grandes écoles et de l’administration jusqu’alors réservé aux hommes, à l’instar d’Hélène Ploix ou d’Ariane Obolensky.




